À l’approche des élections municipales et communautaires de mars 2026, le collectif citoyen Ramonville Écologie précise son projet. Après dix mois de travail de terrain, la liste conduite par Karin Pérès-Hoarau et Jürgen Knödlseder met en avant six priorités structurantes. Au cœur du programme : participation citoyenne, transition écologique et justice sociale.
Une gouvernance partagée à la tête de la commune
Première singularité : la présentation d’un binôme pour exercer la fonction de maire. Karin Pérès-Hoarau et Jürgen Knödlseder assureraient successivement la fonction officielle tout en pilotant ensemble la commune pendant six ans.
Un choix qui, selon eux, vise à rompre avec l’hyperpersonnalisation du pouvoir et à renforcer la disponibilité des élus. “Nous voulons sortir d’une logique de pouvoir concentré. Gouverner à deux, c’est aussi garantir plus de présence et plus d’écoute”, résume Jürgen Knödlseder.
Cette volonté d’ouverture irrigue l’ensemble des propositions du collectif.
L’Agora citoyenne, “l’ADN de notre démarche”
Parmi les mesures phares figure la création d’une Agora citoyenne. Pour le binôme, il s’agit d’un outil central de démocratie participative.
“L’Agora citoyenne, pour nous, c’est vraiment l’ADN de notre démarche. L’idée, c’est de construire les politiques publiques avec les habitants et surtout de leur redonner un véritable pouvoir de décision”, explique Jürgen Knödlseder.
L’assemblée serait ouverte à toutes et tous, dès 16 ans, y compris aux résidents non électeurs. “Nous voulons une instance la plus large et inclusive possible”, insiste-t-il.
Concrètement, des groupes de travail thématiques seraient constitués. Ils pourraient formuler des propositions et évaluer l’action municipale. “On ne peut pas tout prévoir. L’Agora aura aussi une force de proposition sur des sujets que nous n’aurions pas anticipés.”
Les recommandations seraient transmises au conseil municipal, qui aurait l’obligation de les examiner et d’y répondre. Les commissions travailleraient également avec les services techniques afin de garantir la faisabilité des projets.
Des cours d’école végétalisées et ouvertes sur le quartier
Autre priorité : la transformation des cours d’école. L’objectif est double : lutter contre les îlots de chaleur et créer de nouveaux espaces de vie.
“La végétalisation vise d’abord à rafraîchir les cours d’école. Avec les canicules répétées, certaines classes doivent parfois être suspendues car il fait trop chaud”, souligne Jürgen Knödlseder.
Planter des arbres, installer des zones d’ombre, désimperméabiliser les sols : le projet serait mené en concertation avec élèves, parents et enseignants. “Des parents sont prêts à s’impliquer, mais leurs initiatives ont été freinées jusqu’ici. Nous voulons avancer collectivement.”
Le collectif propose également d’ouvrir ces cours en dehors du temps scolaire. “Ce sont des espaces communaux. Aujourd’hui, lorsqu’il n’y a pas école, ils sont fermés. Nous souhaitons les ouvrir pour en faire des lieux de vie : rencontres de quartier, petits concerts, animations.”
Des exemples existent déjà ailleurs, comme à Colomiers. “Bien sûr, il faudra un suivi pour l’entretien et la prévention des dégradations, mais cela fonctionne très bien ailleurs.”
La Sécurité sociale de l’alimentation, un système basé sur le volontariat
Ramonville Écologie souhaite aussi que la commune adhère à la démarche de Sécurité sociale de l’alimentation.
“Le principe est similaire à celui de la Sécurité sociale pour la santé. Se nourrir sainement est un besoin fondamental”, explique le candidat.
Le dispositif reposerait sur une cotisation volontaire, proportionnelle aux moyens de chacun. “Cette caisse commune permet ensuite d’accéder à une alimentation de qualité.”
La commune mettrait à disposition les infrastructures nécessaires et pourrait compléter l’aide pour les personnes les plus fragiles, en s’appuyant sur les critères sociaux du CCAS.
“Ce n’est pas une hausse d’impôts. C’est basé sur le volontariat”, précise Jürgen Knödlseder, évoquant notamment l’exemple de la Caisse alimentaire de Toulouse lancée en 2023.
Adapter la ville au changement climatique
Face au réchauffement climatique, le collectif propose d’intégrer systématiquement l’adaptation climatique dans chaque projet d’aménagement.
“Il suffit de se promener en ville lors des fortes chaleurs : il y a peu d’ombre, beaucoup de béton. Cela crée des îlots de chaleur”, observe Jürgen Knödlseder.
L’imperméabilisation des sols aggrave également les risques d’inondation. “Nous voulons désartificialiser certains sols, planter des arbres, créer des axes ombragés et lutter activement contre ces phénomènes. Il y a beaucoup à faire.”
Pour la liste écologiste, il s’agit d’un enjeu de protection des habitants et de résilience à long terme.
Sanctuariser les espaces naturels existants
Enfin, Ramonville Écologie propose de protéger l’ensemble des espaces verts et naturels de la commune.
“Ramonville dispose déjà de peu d’espaces naturels. Ceux qui restent sont essentiels pour la santé, le cadre de vie et la biodiversité”, affirme Jürgen Knödlseder.
Le collectif cite notamment une zone boisée près de la ferme des cinquantes, utilisée par les écoles dans le cadre de l’“école dehors”. Un projet d’aménagement lié à l’extension du Parc du Canal prévoit un rond-point et un parking sur cette zone.
“Nous pensons qu’on peut développer l’activité économique sans bétonner ces espaces précieux.”
Selon lui, l’arrivée du métro justifie une urbanisation autour de la station, mais “rien n’oblige à étendre autant l’emprise. On pouvait concentrer le projet sur une surface plus réduite et préserver cette zone naturelle.”
Un projet qui mise sur la participation et l’écologie locale
À travers ces six propositions, Ramonville Écologie assume un positionnement clair : renforcer la démocratie locale, accélérer la transition écologique et préserver le cadre de vie.
“Nous voulons décider avec les habitants, pas à leur place”, résume Jürgen Knödlseder.
Les électeurs auront à trancher en mars 2026.



